Gamme de produits

Infections urinaires

Urinary Tract Infection

Les infections urinaires sont en général des infections bactériennes affectant les voies urinaires (urètre, vessie ou rein). Le diagnostic d’une infection bactérienne peut être confirmé par la mise en évidence d’organismes uropathogènes en monoculture, en concomitance avec une leucocyturie. Une infection peut également être présente en l’absence de bactériurie significative (≥ 105/ml).

Les infections urinaires sont classées en fonction de leur localisation (voies urinaires hautes ou basses), de leur manifestations cliniques (bactériurie asymptomatique ou infection symptomatique) et des complications qui les accompagnent. Sont également considérés comme facteurs de risque d'infections urinaires compliquées des anomalies fonctionnelles ou structurelles des voies urinaires.

Défis

  • Les infections urinaires représentent, après les infections des voies respiratoires, le deuxième type d’infection le plus fréquent (1). Rien qu’aux États-Unis, plus de 8 millions de consultations médicales sont imputables à des infections urinaires (2). On estime que le diagnostic et le traitement des infections urinaires ont coûté environ 3,5 milliards de dollars au système de santé américain en l'an 2000 (3).
  • En Grande-Bretagne, les infections urinaires représentent 1 à 3 % de toutes les consultations médicales (4). La prévalence dépend dans une grande mesure de l’âge et du sexe. Une patiente se présentant avec des symptômes typiques chez le médecin souffre d'une infection urinaire avec une probabilité de 50 à 80 % (5, 6).
  • Les femmes jeunes et sexuellement actives sont particulièrement sujettes aux infections urinaires. Jusqu’à 50 % des femmes adultes indiquent avoir eu, au moins une fois dans leur vie, une infection urinaire. 15 % des femmes présentent une infection urinaire chaque année et environ 25 % d’entre elles se plaignent d'épisodes répétés (7).
  • Chez les hommes âgés de moins de 50 ans, les infections urinaires sont nettement plus rares. Du fait des troubles de la prostate, l’apparition des infections urinaires augmente cependant avec l’âge.
  • Chez les hommes, les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes, il existe un risque accru de complications. Le traitement précoce peut apporter une régression plus rapide des symptômes et réduire le risque de complications (8, 9).
Urinary Tract Infection

 

La plupart des agents pathogènes pénètrent par les voies urinaires dans le système urinaire et remontent par ce biais dans la vessie. Chez la femme, la courte taille de l’urètre favorise la colonisation de la région périnéale par des germes pathogènes Gram négatifs provenant de l’intestin et l’introduction de germes lors des rapports sexuels.

Une infection par voie hématogène est particulièrement rare chez les personnes saines, mais peut toutefois apparaître chez les personnes atteintes d’une maladie chronique ou suivant un traitement immunosuppresseur. Une infection directe à partir du péritoine ou de l’intestin reste rare.

Mécanisme
Facteurs de risque
Ascension facilitée de l’agent pathogène
  • Anatomie féminine
  • Utilisation d’instruments urologiques (par ex. cathéter)
  • Reflux vésico-urétral
  • Rapports sexuels (femmes et hommes homosexuels)
Obstruction des voies urinaires
  • Calculs, tumeurs, sténose
  • Grossesse
  • Pathologies de la prostate
  • Dysfonctionnement de la vessie neurogène
  • Anomalies des voies urinaires
  • Dysfonctionnement ou diminution de la production d’urine (par ex. chez les patients dialysés)
Dysfonctionnement immunitaire
  • Diabète
  • Deficit immunitaire
  • Traitement immunosuppresseur
  • Utilisation d’un diaphragme ou de spermicides
  • Taux d’œstrogènes bas
Autres facteurs
  • Abus de substances analgésiques
  • Facteurs génétiques

Facteurs de risque d'une infection urinaire (1, 7)

Micro-organismes les plus fréquents

Les bactéries Gram négatives sont la cause la plus fréquente d'infections urinaires. Chez 75 à 95 % des patients infectés à l'hôpital, ainsi que chez 50 % des patients infectés hors hôpital, on détecte une infection par Escherichia coli. Les autres agents pathogènes fréquents sont Proteus et Klebsiella (10, 11).

Chez les femmes jeunes, sexuellement actives, des agents pathogènes transmissibles, comme Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae et Herpes simplex sont des facteurs étiologiques importants.

Candida albicans et d’autres champignons déclenchent des infections urinaires, en particulier chez les diabétiques, les patients cathétérisés ainsi que les patients prenant un traitement immunosuppresseur ou antibiotique à large spectre.

Urinary Tract Infection

L’examen médical ne permet pas toujours de poser un diagnostic, ni de localiser l’infection urinaire. Il n’existe pas de signe fiable permettant de faire la distinction entre infections des voies urinaires hautes et basses. De nombreux patients présentant une bactériurie significative n’ont d’ailleurs aucun symptôme. Chez la plupart des femmes présentant une dysurie aiguë ou une pollakiurie, on observe également une infection des voies urinaires, même si une bactériurie significative n'est présente que chez 60 à 70 % d'entre elles.

Les enfants constituent un groupe de patients particuliers (anomalies des voies urinaires), ainsi que les femmes enceintes (bactériurie asymptomatique) et les hommes (pathologies de la prostate).

Symptômes révélateurs (10, 12)

  • Dysurie et/ou polyurie
  • Pollakiurie (syndrome de miction urgente)
  • Douleur suprapubienne
  • Hématurie
  • Fièvre, douleur dans les flancs, nausées, vomissements (peuvent indiquer des infections des voies urinaires hautes)

Analyse urinaire et autres examens

Chez les femmes présentant les symptômes d’une cystite simple aiguë, les bandelettes de test urinaire Combur Test®, avec leurs zones de test pour leucocytes, nitrites et érythrocytes, permettent de mettre en évidence une infection urinaire avec une spécificité supérieure à 90 % (13). La mise en culture n'est généralement pas nécessaire.

Les patientes asymptomatiques nécessitent d’autres investigations, comme un ECBU-antibiogramme, une analyse microscopique et la recherche des éventuels facteurs de prédisposition.

Algorithme de diagnostic (12)

Diagnostic infection urinaire Vue détaillée

* Le syndrome urétral désigne un ensemble de symptômes composé d’une pollakiurie, d’une dysurie, d’une urgence mictionnelle et de douleurs suprapubiennes sans résultat uropathologique objectif, qui est souvent diagnostiqué par erreur chez les femmes présentant un faible nombre de gènes uropathogènes. Chez la plupart de ces femmes, une antibiothérapie adaptée permet de résoudre efficacement l'infection.

 

Urinary Tract Infection

Chez les femmes enceintes, il est recommandé de procéder, entre la douzième et la seizième semaine de grossesse (ou lors de la première visite prénatale si celle-ci intervient plus tard dans le déroulement de la grossesse), au dépistage d'une bactériurie asymptomatique éventuelle. Cet examen est moins utile chez l'homme et la femme non enceinte. Pendant la grossesse, en cas de résultat d’analyse urinaire positif, on peut poser avec une forte certitude le diagnostic définitif de bactériurie asymptomatique, tandis qu’un résultat d’analyse urinaire négatif permet d’exclure indubitablement ce diagnostic (19).

Mesures de prévention générales

Les mesures de prévention générales suivantes permettent à chacun de réduire son risque individuel d’infection urinaire (20) :

  • Boire une grande quantité de liquide, en particulier de l’eau. La consommation d’eau permet d'éliminer les germes pathogènes des voies urinaires avant qu’ils ne puissent déclencher une infection.
  • Nettoyer la zone génitale avant les rapports sexuels et uriner après les rapports sexuels.
  • S’essuyer d’avant en arrière. De cette manière, on évite, lors de la miction et des selles, que les agents pathogènes puissent se propager de la zone anale vers le vagin et remonter dans les voies urinaires.
  • Éviter l’utilisation de produits d’hygiène intime irritants. L’utilisation de déodorants, de sprays et autres produits pour l’hygiène intime (bains de siège, douches vaginales et poudre) dans la zone génitale peut provoquer des irritations des voies urinaires.

Le traitement d’une cystite simple ou d’une pyélonéphrite conduit généralement à une guérison complète, et une infection unique des voies urinaires ne nécessite en général aucun suivi. Les patients présentant des infections des voies urinaires chroniques ou récidivantes doivent toutefois faire l’objet d’un suivi car les infections urinaires peuvent se transformer en pyélonéphrite. Celle-ci provoque, dans 10 à 25 % des cas, une bactériémie. Chez les jeunes filles, des infections urinaires récidivantes peuvent par ailleurs être expliquées par une malformation des voies urinaires.

Chez les diabétiques et les femmes enceintes, mais aussi chez les patients paraplégiques, il convient de réaliser un examen de suivi après l’antibiothérapie afin de s’assurer qu’il ne subsiste aucun germe dans les urines (25-28).

Facteurs de risque (1, 7)

Différents facteurs et signes peuvent conduire à un risque accru d’infections urinaires :

  • Grossesse : une bactériurie est une cause fréquente d'infection urinaire chez la femme enceinte. La bactériurie et les infections urinaires sont accompagnées d’une prévalence accrue de mortalité infantile et de prématurité (29, 30).
  • Rapports sexuels et utilisation de spermicides qui provoquent la modification de la flore bactérienne normale du vagin
  • Malformation des voies urinaires
  • Hypertrophie bénigne de la prostate
  • Pathologies provoquant un dysfonctionnement neurogène de la vessie, par exemple une sclérose en plaques ou un diabète
  • Reflux vésico-urétral chez les enfants

Tests et procédures de test

L’analyse urinaire (bandelettes de test urinaire Combur Test®) avec zones de test pour leucocytes, nitrites et érythrocytes, convient comme test rapide pour le suivi de tous les patients ayant présenté une infection urinaire (13).

On procédera à un ECBU/ABG, une à deux semaines après la fin du traitement, chez les femmes enceintes, les enfants et les patients encore symptomatiques, ainsi que chez les patients sous immunosuppresseur.

Échographie abdominale visant à évaluer le système urinaire (reins, urètre, vessie) et la prostate.

Chez les enfants, les hommes et les femmes présentant des récidives fréquentes ou des symptômes inhabituels, on peut envisager une urographie i.v. ou une cysto-urétographie mictionnelle.

  1. National Kidney and Urologic Diseases Information Clearinghouse http://www.kidney.niddk.nih.gov, National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases http://www.niddk.nih.gov, National Institutes of Health http://www.nih.gov, NIH Publication No. 07–2097, December 2005.
  2. National Center for Health Statistics, Centers for Disease Control and Prevention. Ambulatory Care Visits to Physician Offices, Hospital Outpatient Departments, and Emergency Departments: United States, 1999-2000. Hyattsville, MD: U.S. Dept. of Health and Human Services, 2004.
  3. ACOG Practice Bulletin No. 91: Treatment of urinary tract infections in nonpregnant women. Obstet Gynecol 2008; 111:785-794.
  4. MeReC Bulletin. The management of common infections in primary care. http://www.npc.co.uk, 2006; visited June 25, 2010.
  5. van der Linden MW, Westert GP, de Bakker DH, Schellevis FG. Klachten en aandoeningen in de bevolking en in de huisartspraktijk. Tweede Nationale Studie naar ziekten en bevolking en in de huisartspraktijk. Utrecht/Bilthoven: NIVEL/RIVM, 2004.
  6. Schmiemann G, Kniehl E, Gebhardt K, Matejczyk MM, Hummers-Pradier E. The diagnosis of urinary tract infection: a systematic review. Dtsch Arztebl Int; 107:361-367.
  7. Car J. Urinary tract infections in women: diagnosis and management in primary care. BMJ 2006; 332:94-97.
  8. Barnett BJ, Stephens DS. Urinary tract infection: an overview. Am J Med Sci 1997; 314:245-249.
  9. Deutsche Gesellschaft für Allgemeinmedizin und Familienmedizin. Brennen beim Wasserlassen. DEGAM-Leitlinie Nr. 1. Düsseldorf: omikron publishing, 2009.
  10. Nicolle LE. Urinary tract infection: traditional pharmacologic therapies. Dis Mon 2003; 49:111-128.
  11. Mehnert-Kay SA. Diagnosis and management of uncomplicated urinary tract infections. Am Fam Physician 2005; 72:451-456.
  12. European urinalysis guidelines. Scand J Clin Lab Invest 2000; 60:1-96.
  13. Fiche technique bandelette Combur 10 Test, v 2.1, 02-2016
  14. McAllister TA, Arneil GC, Barr W, Kay P. Assessment of plane dipslide quantitation of bacteriuria. Nephron 1973; 11:111-122.
  15. Kass EH. Bacteriuria and the diagnosis of infections of the urinary tract; with observations on the use of methionine as a urinary antiseptic. AMA Arch Intern Med 1957; 100:709-714.
  16. Mackey JP, Sandys GH. Laboratory diagnosis of infections of the urinary tract in general practice by means of a dip-inoculum transport medium. Br Med J 1965; 2:1286-1288.
  17. Screening for asymptomatic bacteriuria in adults: U.S. Preventive Services Task Force reaffirmation recommendation statement. Ann Intern Med 2008; 149:43-47.
  18. Bruns. Harnwegsinfektionen - die neue S3-Leitlinie. 2010.
  19. Mignini L, Carroli G, Abalos E, et al. Accuracy of diagnostic tests to detect asymptomatic bacteriuria during pregnancy. Obstet Gynecol 2009; 113:346-352.
  20. Mayo Clinic staff. Prevention of urinary tract infection. http://www.mayoclinic.com visited June 30, 2010.
  21. Williams GJ, Wei L, Lee A, Craig JC. Long-term antibiotics for preventing recurrent urinary tract infection in children. Cochrane Database Syst Rev 2006; 3:CD001534.
  22. Singh-Grewal D, Macdessi J, Craig J. Circumcision for the prevention of urinary tract infection in boys: a systematic review of randomised trials and observational studies. Arch Dis Child 2005; 90:853-858.
  23. Johnson JR, Kuskowski MA, Wilt TJ. Systematic review: antimicrobial urinary catheters to prevent catheter-associated urinary tract infection in hospitalized patients. Ann Intern Med 2006; 144:116-126.
  24. Schumm K, Lam TB. Types of urethral catheters for management of short-term voiding problems in hospitalised adults. Cochrane Database Syst Rev 2008:CD004013.
  25. Albert X, Huertas I, Pereiro, II, Sanfelix J, Gosalbes V, Perrota C. Antibiotics for preventing recurrent urinary tract infection in non-pregnant women. Cochrane Database Syst Rev 2004:CD001209.
  26. Smaill F, Vazquez JC. Antibiotics for asymptomatic bacteriuria in pregnancy. Cochrane Database Syst Rev 2007:CD000490.
  27. Lumbiganon P, Laopaiboon M, Thinkhamrop J. Screening and treating asymptomatic bacteriuria in pregnancy. Curr Opin Obstet Gynecol 2010; 22:95-99.
  28. Vercaigne LM, Zhanel GG. Recommended treatment for urinary tract infection in pregnancy. Ann Pharmacother 1994; 28:248-251.
  29. Foxman B. Epidemiology of urinary tract infections: incidence, morbidity, and economic costs. Am J Med 2002; 113 Suppl 1A:5S-13S.
  30. Cram LF, Zapata MI, Toy EC, Baker B, 3rd. Genitourinary infections and their association with preterm labor. Am Fam Physician 2002; 65:241-248.

Combur 10 test® est une bandelette à dix zones réactives pour la détermination semi-quantitative de la densité urinaire, du pH, des leucocytes, des nitrites, des protéines, du glucose, des corps cétoniques, de l’urobilinogène, de la bilirubine et du sang dans l’urine.
Dispositif médical de diagnostic in vitro.
Fabricant : Roche Diagnostics GmbH (Allemagne)
Distributeur : Roche Diagnostics France
Lire attentivement les instructions figurant dans la fiche technique